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23/09/2009

une poids sur l'estomac

mal être .jpgMais qu'est ce qui peut bien me peser de la sorte ce matin ?  Hier soir, je me suis couchée sereine .   Je chantais avec mon compagnon , figurez vous . J'étais à la fois solidement ancrée dans la réalité de ce monde et assez distante de ces réalités  que pour m'endormir en paix  , m'avait-il semblé . 

Et ce matin au réveil , c'était le scénario catastrophe : mon corps criait souffrance . Des tensions dans tout le corps , la nuque bloquée , les nausées . Et  pour en rajouter : j'avais un  sentiment de tristesse et de solitude qui me gagnait  de plus en plus .  Je ressentais comme un sentiment d'abandon aussi .
 
 Allez comprendre quelque chose à cette météo interne !  Rien ne laissait présager que j'allais me réveiller dans un tel état .
  Et pourtant, et pourtant ...si je réfléchis  bien et que je me pose les bonnes questions , peut-être bien que ...
Première question  : qu'est ce que je vis aujourd'hui matin en matière de changement "environnemental"  (météo interne )  ?   J'ai  la réponse : c'est  la séparation d'avec mon compagnon ( il est reparti ce matin ,  par le premier avion )
 
Deuxième question  : qu'est ce  qui restait "accroché"  dans mes pensées depuis quelques jours , qui revenait souvent sur le tapis,  qui m'attriste et que je n'ai pas pu exprimer clairement  ? 
Là, la réponse n'est pas venue tout de suite .  J'observais mes pensées , j'observais  les ressentis avec ces pensées surtout .   Mais quand on a mal c'est pas évident de rester "présent" à ce qui se passe .
 
Une pensée me revenait en boucle toutefois .  Rien qu'à y penser je ne me sens pas bien .    Et je pensais à deux hommes  , récemment croisés sur mon chemin, l'un dans mes pensées  via le mail , l'autre sur ma route . J'étais tracassée pour eux ,  je les sentais seuls  , et j'avais le sentiment que je ne pouvais rien faire pour "aider" .Je me suis sentie impuissante cette semaine  à aider une personne  , gravement malade , parce qu'elle  refusait  tout contact  de peur d'être, en plus,  contaminé par la grippe si on l'approche ...  Cette personne s'isole de plus en plus dans sa maladie , qui n'est pas la grippe , mais dont il a peur ...et donc il tient ses distances de tout .
 J'avais le sentiment de devoir renoncer , de  l'abandonner , alors que je ressentais clairement qu'un contact , ne fusse que la main lui aurait fait du bien   .  Et cette idée d'abandonner quelqu'un m'est très difficile, voire insupportable .  Je me sentais repoussée , rejetée aussi .  Curieux mélange de ressentis .    Foutue annonce de  grippe H1N1 qui fait s'isoler les personnes les plus faibles , par précaution.  Que d'isolement tout ça , que d'isolement et que de peurs inutiles encore .
 
Il m'a toujours été impossible  d'abandonner qui que ce soit quand je sens de la  détresse et de la souffrance .  J'ai accompagné tous les membres de ma famille dans leurs peines .     Au prix de mon propre équilibre par moment parce que c'est trop  affectif bien sûr  , mais chaque fois avec le sentiment  que j'étais à ma place . Mon corps criait souffrance parfois  .  Je  le sacrifiais semble t'il .     Cela m'a été répété par médecins et thérapeutes .  Que j'étais un" pur esprit " , qui oubliait son corps .  C'était pendant longtemps inconscient de ma part  , c'était plus fort que moi tout simplement   .    Et j'ai été loin avec ce corps en souffrance !  Jusqu'à ce que la limite de mon corps  impose d'elle même le choix.   Il y a une notion de martyre et de sacrifice là dedans , m'a t'on souvent répété aussi .  Mais encore une fois je n'étais pas consciente de cela . Depuis mon enfance, mon corps me faisait souffrir .  Je ne savais pas ce que c'était un corps "normal" sans souffrances .  Alors vous comprenez ...nulle  envie de me sacrifier , ni d'être une martyre , croyez.  Juste que j'étais sans doute programmée pour réagir ainsi tout simplement .   Il m'a  aussi été demandé de couper avec ce qui m'était toxique et  que mes parents m'étaient toxiques ,  par exemple .   Mais sans ma famille , je me sentais seule et abandonnée !   Impossible donc .   Et m'éloigner de  ma famille , je me sentais coupable parce que je pensais que je l'abandonnais .  On tourne en rond là !      La double contrainte , vous connaissez ?   D'un côté comme de l'autre , on est coincé ! 
Je me disperse là , je me disperse .   Reviens à ton sujet  , Julie .  S'il te plaît recentre toi !
.  
Mais alors pourquoi est ce que je suis triste en ce moment et  que je parle d'un sentiment  d'abandon et de solitude ?
Concrètement je ne suis abandonnée par personne qui m'est proche , juste éloignée pour des raisons professionnelles pendant quelques jours
Mais inconsciemment , il semble que  ces personnes qui étaient dans mes pensées ,  me renvoient à quelque chose de douloureux de mon histoire .  Quelque chose qui n'est pas encore digéré .   Sur la solitude et l'abandon .    
Je ne vais pas taire le nom d'une des deux personnes qui est un personnage public connu .   Il s'agit de Jean-Jacques Crevecoeur .   Oui, je pense beaucoup à lui en moment .  Je suis inquiète pour lui quand je vois avec quel acharnement  il poursuit son nouveau combat , contre la vaccination obligatoire  dans le cadre de la grippe H1N1 .  Il dit qu'il y a danger de mort !  Il dit qu'il ne dort plus ou mal depuis ces derniers 15 jours .   . 
C'est presque inévitable de ne pas penser à lui ,  avec tous les courriels qu'il envoie dans ma boîte mail  et ceux qui ensuite me sont envoyés par d'autres  de ses "disciples" sur le problème de la vaccination en cas de pandémie de grippe . 
Hier encore , j'ai reçu un  longs courriel alarmiste   ,écrit par lui dans la nuit , dit-il lui même , où il met en garde contre le danger de  la vaccination obligatoire  contre la grippe H1N1.   Si je trouve qu'il a raison sur un grand nombre de points , j'ai un mouvement de recul quand il  parle de génocide , de complot mondial .     Il demande à faire circuler ses courriels !   Et je n'arrive pas à le faire . 
Où est le problème pour moi  et pourquoi cela trotte t'il dans ma tête , me direz vous ?   Le problème est que j'aime bien Jean-Jacques Crevecoeur, que j'ai pu l'apprécier lors de deux conférences il y quelques années et que son livre " la langage de la guérison" m'a ouvert l'esprit sur une approche globale de la santé articulée sur  des thérapies complémentaires .
 Et c'est  cette idée de complémentarité qui m'a toujours séduite .    Et tout ce que Jean-Jacques disait était un réel bonheur à entendre pour moi .   Mais là,  je ne retrouve plus rien  de complémentaire dans ces propos et je ressens surtout beaucoup de peurs , voire une lutte de pouvoirs .     La peur du pouvoir en place , des vaccinateurs est omniprésente . 
J'ai  une réelle difficulté à le suivre quand il prend cette voie là .       Quelque chose me bloque !   Cette histoire de génocide, cette histoire de complot .   C'est trop pour moi .  Je revis des choses du Rwanda , où j'ai vécu les évènements .   J'ai le sentiment de deux forces qui s'affrontent , au sein même  de la pensée de Jean-Jacques !   Une pensée dominante qui chasse l'autre et vice et versa .    Et la complémentarité là dedans , elle est où Jean-Jacques ?    Tout n'est certainement pas noir d'un côté , et blanc de l'autre !    Jean-Jacques ne serait il pas  prisonnier de son propre système de pensées , me suis je dit ?      Je ne sais pas .  C'est juste une idée qui m'est passée par la tête parce que c'est ce que j'ai connu dans mon propre  système de pensées, qui étaient encombré de mémoires ancestrales  ..et que cela bloque encore mon corps aujourd'hui , à l'éveil de certaines de ces  mémoires . 
Et je me sens coupable d'abandonner Jean-Jacques sur cette idée,   comme si j'étais redevable à Jean-Jacques .  Mais redevable de quoi , bon sang ? 
J'espère que ces proches , restent autour de lui et qu'il n'ira trop loin , pour défendre ce qu'il croit juste lui .  
Oui, c'est  curieux ce que j'éprouve aujourd'hui  !  C'est une mémoire  ancienne qui s'est réveillée chez moi :  mémoire de génocide en commun  avec JJ  ?  conflit  de séparation ?   mémoire d'abandon  et de solitude ?   
Vraiment je me pose des questions à ce sujet . 
Vivement demain que je me sente un peu mieux , pour avoir clarifié mes peurs .
 Aujourd'hui c'est le mal-être qui règne encore  tant dans mon esprit que dans mon corps .  Ca se bouscule trop ..
J'ai pensé qu'en l'écrivant , peut-être , j'allais soulager quelque chose . 
Et vous ?  Vous en pensez quoi de ce tapage autour de la grippe H1N1 ? 
  
N.B.  Si vous le souhaitez  ,  je vous envoie les courriels de JJ Crevecoeur, sur simple demande ,  bien entendu .